Procédons à un rapide calcul : à partir de la classe de sixième, à quelques exceptions près qui font tout pour se faire remarquer, les élèves apprennent l'anglais. A raison d'une trentaine de semaines dans l'année scolaire pendant sept ans - soit quatre ans de collège et trois ans de lycée pour prendre les filières générales - cela fait deux cent dix semaines de cours en secondaire. Vous noterez que je ne compte pas le primaire mais que d'un autre côté je ne compte pas les filières professionnelles ou technologiques dont les modalités sont un peu différentes. Mon propos est simplement de dégager un ordre de grandeur et non une valeur scientifique exacte - sinon je me ferais payer grassement pour remettre un rapport au gouvernement au lieu de badiner sur internet ! Avec quatre heures hebdomadaires en sixième puis trois heures hebdomadaires sur les autres classes du collège, un élève lambda qui apprend l'anglais comme première langue vivante étrangère bénéficie donc de 390 heures de cours. S'y ajoutent environ 270 heures au Lycée si on part sur trois heures hebdomadaires, soit au total sur le secondaire 660 heures d'apprentissage de la langue de Shakespeare. A priori, on peut y ajouter un peu de temps de travail personnel pour atteindre... 800 à 1000 heures en fonction des individus.
Tout çà pour quoi ? Pourquoi ce calcul, d'abord... Prodiguer cet enseignement à l'immense majorité de la population - a minima la partie concernant le collège - représente un investissement non négligeable de l'énergie de la nation. Ah ! Tout de suite les grands mots. Nation... Bon d'accord. Disons du pays, de la collectivité, du groupe humain qui pris dans son ensemble représente une entité politique et économique relativement homogène sous la forme d'un pays... Bref : NOUS consacrons une part significative de notre énergie à apprendre l'anglais : temps des élèves, temps de travail des professeurs et de la structure éducative qui va autour - bâtiments, matériel, etc. - dépenses en cahiers, livres, « workbooks », CD, DVD et autre matériel, coût des inévitables voyages scolaires - et leur équivalent carbone, c'est à la mode - énergie cérébrale dépensée pour enseigner et pour apprendre, etc. Je ne remets bien entendu pas en cause les finalités de cet investissement : il va de soi que la connaissance d'une langue étrangère, qui de plus s'est imposée comme langue internationale de communication et d'échanges, est indispensable et très certainement bénéfique en ce qu'elle permet de comprendre d'autres personnes, de découvrir d'autres cultures, etc. Cependant, je m'interroge sur la nature de cette dépense d'énergie, et sur son efficacité. Force est de constater en effet que le résultat de cet investissement relativement colossal laisse un peu à désirer. Nos concitoyens ne brillent pas par la qualité de leur maîtrise de la langue de la perfide Albion... Les classements comparatifs avec nos camarades européens nous sont rarement favorables, et ils ne font malheureusement que refléter la triste réalité. Nous continuerons d'investir à l'âge adulte pour rattraper les dégâts, à courir sans arrêt après d'hypothétiques résultats.
Alors tout çà pour quoi ? Quel est l'enjeu ? On ne peut pas se dire que çà ne sert à rien... Et pourtant est-ce que çà sert à quelque chose ?
Aucun commentaire
Créer un site gratuit avec E-monsite.com
- Signaler un contenu illicite
- Voir d'autres sites dans la catégorie Littérature
Créer un site e-commerce - Créer un forum