Comment interpréter les propositions du président des Etats-Unis pour réorienter le programme spatial américain ? En effet, dans son discours sur l’état de l’Union, Barak Obama a annoncé son intention de faire voter un budget de la NASA excluant le programme Constellation qui visait à renvoyer des astronautes américains sur la Lune vers 2020. Grand projet lancé par Georges W. Bush avec des trémolos dans la voix et des accents qui voulaient ramener le bon peuple américain à ses heures de gloire du programme Apollo. Certes, le budget de l’agence spatiale va augmenter, et il ne manquera pas de financer des programmes ambitieux mais plus réalistes. Cependant l’Amérique avec un grand A perd un peu de son aura dans le domaine spatial. (A lire : un article du Figaro et un article Futura Sciences … entre autres)
Pourquoi pas après tout ? Est-il cohérent que les grands blocs géopolitiques s’affrontent via leurs programmes spatiaux comme au bon vieux temps de la guerre froide ? Le coût croissant du développement de programmes ambitieux plaide pour une réelle coopération internationale. D’autant que les ressources financières disponibles dans les grandes puissances occidentales s’amenuisent à chaque nouvelle crise qui lamine leurs budgets publics… Obama a plus sûrement joué le pragmatisme. Il pose en même temps une bonne question – typiquement américaine vue de notre cher vieux continent :
Faut-il en déduire que les Etats-Unis ne sont plus LA grande puissance, ou du moins plus la seule ? On aurait sûrement tord de prononcer l’oraison funèbre des Super USA. Déjà par le passé le « géant » s’est endormi… puis réveillé avec une vigueur étonnante. Le Japon impérial en a fait l’expérience en 41-45, et pour rester dans le domaine de la conquête de l’espace, les USA ont connu quelques périodes de torpeur suivies d’une activité débordante. On pourrait même se demander si au fond, le développement de l’exploration spatiale et des activités liées à l’espace ne seront pas plus vigoureux s’ils entrent dans des modèles économiques de la sphère marchande : lorsqu’il y a du business, on sait trouver des capitaux. D’ailleurs, on sait en trouver beaucoup pour vendre du vent : il n’y a qu’à faire un compte des trillions de dollars volatilisés dans les différentes bulles spéculatives des dernières décennies (bulle financière asiatique des années 90, bulle internet, bulle immobilière et bancaire toute fraîche…). De quoi financer quelques voyages sur Pluton !
En attendant de recevoir des images de taïkonautes chinois sur la Lune ou de cosmonautes Indiens (au fait çà s’appelle comment un cosmonaute Indien ?) sur Mars, on peut toujours rêver en contemplant de belles images du grand vide qui nous entoure !
1. Aude Réco Le 06/03/2010 à 20:53
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