Actualités

Idées et réactions aux nouvelles du monde...

Aïcontis, festival du fantastique 2011

Le weekend dernier a eu lieu dans le petit village de Saint-Julien Maumont le festival Aïcontis. Sous un soleil radieux, les Gnomes, Trolls et autres farfadets ont parcouru les ruelles de ce bourg du sud de la Corrèze… Affluence remarquable pour profiter des spectacles de rue, écouter les contes ou les concerts, découvrir la littérature fantastique et ses auteurs. Bref pour passer un agréable moment au pays de féérie.

Une mention particulière au spectacle en déambulation « Trolls » de la troupe du Théâtre du Vertige (cliquez sur le lien pour voir leur site). Costumes impressionnants, thème sympa, interactivité… que du bon !

Et un petit mot pour les bénévoles, costumés ou non, qui rendent l’évènement possible.

Bad Bank : pourquoi pas vous ?

A l’heure où la déconfiture de Dexia remet sous les projecteurs de l’actualité les « structures de défaisance » ou « Bad Bank », les citoyens lambda que nous sommes pourraient peut-être se poser légitimement la question : pourquoi pas nous ?

En effet, le principe est séduisant. Pendant des années, les banques commettent des imprudences – avec votre argent – en plaçant des sommes considérables dans des produits alambiqués (dettes immobilières titrisées, junk bonds, etc.). Quand le marché est porteur, elles s’enrichissent et distribuent des dividendes confortables, tout le monde est heureux. D’autant plus qu’elles prêtent de l’argent – ce qui fait vivre l’économie réelle. Viennent alors les jours de mauvais temps : le marché se retourne, l’immobilier s’effondre, la guerre dans tel coin perdu de la planète déclenche des évènements en chaîne, bref tout va mal. Les fameux produits miraculeux qui ont permis aux banques de faire des profits outranciers sont tout à coup moins intéressants et les moins solides d’entre elles approchent de l’asphyxie !

C’est alors qu’arrive la solution miracle : même quand ils ont perdu, ils gagnent ! Un état bienveillant – et un peu obligé de sauver les meubles – injecte de l’argent, recapitalise, nationalise… bref récupère ce qu’il peut. Mais pas les mauvais morceaux, les vilaines dettes pas belles, les actifs pourris, qu’on va mettre dans la bad bank.

Et nous alors ? Transposons le concept. On est tous endettés – et dans des proportions bien plus importantes que nos chers états ! Faites le calcul : la France flirte avec les 80% de son PIB, mais si vous êtes propriétaire et endetté sur 20 ans, votre dette explose les 150% de votre PIB annuel ! Pire que l’Italie. Pourtant votre banque va bien vous trouver des fonds pour votre prochain achat… Et si votre conjoncture économique se retourne, par exemple si vos revenus baissent fortement, pourquoi une bad bank ne reprendrait-elle pas vos dettes ? Bon c’est un peu le principe de la faillite personnelle. Pas si drôle. Alors allons plus loin ! La finance mondiale, c’est un peu comme la loterie… Alors faisons comme nos banquiers. On joue au loto. Si on gagne on prend la mise, et si on perd, on fait reprendre nos bulletins perdants par une structure de défaisance ? Je ne suis pas sûr qu’on nous accorde la même importance qu’un Crédit Lyonnais ou une Dexia…

Si vous voulez en savoir plus – et surtout avoir des infos sérieuses – la presse regorge d’articles sur le sujet…

Voeux

Chère lectrice, cher lecteur,

Cédant à l'impulsion d'une originalité fulgurante, je ne résiste pas au plaisir de vous souhaiter aujourd'hui une excellente année 2011. J'ai été tenté de vous adresser mes voeux pour 2010 : cela aurait eu l'avantage d'une prédiction plus sûre des évènements, alors que pour l'année qui débute à peine... je prends forcément un risque. Qui sait ce qui va se passer ? Mais après tout n'est-ce pas le principe des voeux ?

Dans le doute, nageant dans le brouillard absolu de l'inconnu, je vous souhaite le meilleur (et vous noterez que je vous laisse entièrement libre de décider de ce que sera ce meilleur pour vous : qui me dit en effet que vous espérez joie, santé et bonheur comme tant de quidams de par le monde ? Pourquoi vous imposerais-je mes propres choix, méprisant votre attirance pour de tout autres joyeusetés ?).

Bonne et heureuse année !


Terrorisme et piraterie liés ?

AFP : 04/08/2010

Le député UMP du Finistère Christian Ménard, qui prépare un rapport parlementaire sur la piraterie, affirme que les services de renseignements n'excluent plus l'existence de liens entre des pirates somaliens et le terrorisme islamique, dans une interview au quotidien Le Télégramme.

"Récemment encore, l'ensemble des spécialistes de la question s'entendait pour dire qu'il n'existait aucun lien entre pirates et terroristes. Ce n'est plus le cas", explique le député dans cette interview parue aujourd'hui. Les shebabs (islamistes radicaux somaliens proches d'Al Qaïda) "ont lutté contre la piraterie" au tout début, mais "on se rend compte qu'il existe aujourd'hui des clans et des sous-clans qui très vraisemblablement s'entendent avec les pirates", explique-t-il. "Il y a vraisemblablement des partages d'informations, et peut-être dans certains cas des versements d'argent" après le paiement de rançons, a précisé le député à l'AFP. "Mais de ceci, il n'y a aucune preuve", a-t-il ajouté.

M. Ménard a par railleurs indiqué qu'il achèverait "en septembre ou en octobre" un nouveau rapport parlementaire sur la piraterie. Le rapport préparera notamment le terrain pour un futur texte de loi qui doit permettre de ré-introduire en droit pénal la notion de piraterie, supprimée en 2007, a indiqué M. Ménard. Le futur texte de loi doit aussi préciser la procédure judiciaire en cas d'interpellation dans les eaux internationales de trafiquants de drogue ou de pirates, en application de la convention internationale de Montego Bay. Le projet de loi doit être examiné par l'Assemblée nationale "d'ici la fin de l'année", a expiqué M. Ménard.

Terrorisme, pirates ? Retrouvez le roman d'anticipation "Par-delà les brumes rouges" et laissez-vous emporter dans le futur.

La marine russe escorte des navires

Ria Novosti - 11 août 2010

Le destroyer Admiral Levtchenko de la flotte russe du Nord escorte cinq cargos avec 19 Russes à bord au large de la Corne de l'Afrique, a annoncé mercredi 11 août à Moscou le porte-parole du ministère russe de la Défense pour la Marine russe.

"L'Admiral Levtchenko escorte un convoi de cinq navires civils dans les régions dangereuses de la Corne de l'Afrique et du golfe d'Aden. Les équipages des navires comprennent entre autres 19 Russes", a indiqué le porte-parole devant les journalistes.

Depuis quelques années, la piraterie constitue l'un des principaux problèmes de la navigation dans le golfe d'Aden. Les missions navales anti-piraterie européenne Atalanta (lancée en décembre 2008) et otanienne Ocean Shield (lancée en 2009) ont permis de réduire de 34% le nombre des attaques des pirates au premier trimestre de 2010 par rapport à la même période de 2009. En 2009, les pirates somaliens ont perpétré au total 217 attaques et détourné 47 navires, selon le Bureau maritime international.

Comment lutter contre la piraterie ? Quelles sont les motivations des pirates ? Explorez un univers imaginaire sur ces thèmes dans le roman d'anticipation "Par-delà les brumes rouges".

J'ai demandé à la Lune

 

Comment interpréter les propositions du président des Etats-Unis pour réorienter le programme spatial américain ? En effet, dans son discours sur l’état de l’Union, Barak Obama a annoncé son intention de faire voter un budget de la NASA excluant le programme Constellation qui visait à renvoyer des astronautes américains sur la Lune vers 2020. Grand projet lancé par Georges W. Bush avec des trémolos dans la voix et des accents qui voulaient ramener le bon peuple américain à ses heures de gloire du programme Apollo. Certes, le budget de l’agence spatiale va augmenter, et il ne manquera pas de financer des programmes ambitieux mais plus réalistes. Cependant l’Amérique avec un grand A perd un peu de son aura dans le domaine spatial. (A lire : un article du Figaro et un article Futura Sciences … entre autres)

 

Pourquoi pas après tout ? Est-il cohérent que les grands blocs géopolitiques s’affrontent via leurs programmes spatiaux comme au bon vieux temps de la guerre froide ? Le coût croissant du développement de programmes ambitieux plaide pour une réelle coopération internationale. D’autant que les ressources financières disponibles dans les grandes puissances occidentales s’amenuisent à chaque nouvelle crise qui lamine leurs budgets publics… Obama a plus sûrement joué le pragmatisme. Il pose en même temps une bonne question – typiquement américaine vue de notre cher vieux continent : la Puissance Publique est-elle encore la plus efficace pour conduire des projets de R&D, ou en tout cas doit-elle être seule ? Il ramène le « public » dans le rôle de la recherche et veut renforcer le « privé » dans le développement et la production. On s’inquiète ainsi outre-Atlantique qu’il n’y ait plus de lanceur « américain » : voir à ce sujet l’article sur CNN . Il y a aussi forcément des inquiétudes pour les milliers d’emplois menacés dans les états où la NASA est fortement implantée.

 

Faut-il en déduire que les Etats-Unis ne sont plus LA grande puissance, ou du moins plus la seule ? On aurait sûrement tord de prononcer l’oraison funèbre des Super USA. Déjà par le passé le « géant » s’est endormi… puis réveillé avec une vigueur étonnante. Le Japon impérial en a fait l’expérience en 41-45, et pour rester dans le domaine de la conquête de l’espace, les USA ont connu quelques périodes de torpeur suivies d’une activité débordante. On pourrait même se demander si au fond, le développement de l’exploration spatiale et des activités liées à l’espace ne seront pas plus vigoureux s’ils entrent dans des modèles économiques de la sphère marchande : lorsqu’il y a du business, on sait trouver des capitaux. D’ailleurs, on sait en trouver beaucoup pour vendre du vent : il n’y a qu’à faire un compte des trillions de dollars volatilisés dans les différentes bulles spéculatives des dernières décennies (bulle financière asiatique des années 90, bulle internet, bulle immobilière et bancaire toute fraîche…). De quoi financer quelques voyages sur Pluton !

 

En attendant de recevoir des images de taïkonautes chinois sur la Lune ou de cosmonautes Indiens (au fait çà s’appelle comment un cosmonaute Indien ?) sur Mars, on peut toujours rêver en contemplant de belles images du grand vide qui nous entoure !

 

Partez à la découverte de notre système solaire dans les pas d'Erwan Schwartz dans le roman d'anticipation "Par-delà les brumes rouges".

Festival de l'imaginaire à Noailhac

Festival de l'Imaginaire Aïcontis 2009 à Noilhac

Le festival de l'imaginaire est organisé tous les deux ans dans l'un des Villages du Midi Corrèzien. L'édition 2009 vient de se dérouler les 3 et 4 octobre à Noailhac. Sous un soleil radieux, fées et farfadets se sont bousculés dans les ruelles et sur la place de l'Eglise pour s'entendre conter de belles histoires, pour découvrir les créations des auteurs et illustrateurs, bref pour passer un bien sympathique moment de rêve... Pour en savoir plus sur cet évènement, rendez-vous sur le site internet de l'association organisatrice :

http://www.aicontis.eu/

Et rendez-vous dans deux ans !

 

D'ici là, parcourez le temps et l'espace pour gagner notre futur proche dans le roman d'anticipation "Par-delà les brumes rouges"...

Crise financière et fin du monde ... suite

Beaucoup plus sérieusement que je ne l'avais fait dans le billet précédent sur ce thème-là (que j'avais écrit juste après la fameuse panne du LHC à l'automne dernier et transféré sur ce site en décembre), une émission de France Inter a abordé le 3 mars 2009 le sujet des trous noirs que pourrait générer la fameuse machine. Les intervenants étant des scientifiques, ils ont bien précisé que la probabilité zéro n'existe pas mais que le risque est infinitésimal... On peut retrouver quelques infos sur le sujet sur le site de France Inter. Pour finir de vous rassurer, regardez donc une vidéo du CERN montrant ce qui se passerait si un vrai trou noir apparaissait dans le LHC :

Quant à la solution que je proposais dans mon post précédent, elle n'a visiblement pas recueilli assez d'adhésion pour être mise en pratique. Les gouvernements du monde entier semblent préférer lancer des milliards d'euros dans des trous noirs très réels : les banques ! Là aussi la presse se fait largement l'écho des sommes englouties. Voir notamment sur le site du monde ici ...

 

L'armée des ombres

Deux évènements récents, bien que très éloignés géographiquement et historiquement, ont comme point commun la tragédie ultime que représentent les génocides.

Le premier met en scène le fameux « Douch », ancien commandant de la prison S-21 où 15000 personnes ont été incarcérées, torturées, et tuées par le régime Khmer Rouge de Pol Pot. Son procès pour crime contre l'humanité commencera le 30 mars et la presse s'en est largement fait l'écho, profitant de l'occasion pour éclairer un peu un épisode horrible de l'histoire : comment un peuple peut être décimé par lui-même ! Pas besoin de guerre, d'invasion, de prétextes ethniques... L'arbitraire poussé à l'absurde. Bilan : plus de deux millions de morts, et une relative impunité pour les anciens dirigeants Khmer.

Le deuxième concerne l'évêque Williamson. Lui n'a pas commis d'atrocités. Pas personnellement en tout cas. Ce brave homme d'église, appartenant à la Fraternité Saint Pie X, avait été excommunié avec trois autres confrères intégristes puis réhabilité récemment par Benoît XVI... Tout heureux de ce retour en grâce, il s'est empressé de déclarer à la télévision qu'il avait de forts doutes sur l'existence des chambres à gaz. La polémique n'est pas encore retombée sur son retour au sein de l'Eglise, ses propos, ses excuses et les réactions du Saint Père. En attendant, on parle de lui !

Rien à voir a priori entre ces deux faits. Pourtant un lien les unit : la capacité infinie de l'Humanité à commettre des horreurs innommables contre elle-même ou son propre milieu naturel, et ses facultés non moins incroyables à les nier, à les minimiser, à les excuser. Y compris chez ceux-là même qui les ont commises. Du SS qui n'a fait qu'obéir aux ordres au moindre commissaire politique qui a œuvré pour le bien de la patrie ou de la civilisation ou de la révolution, ou de toute autre cause qui paraissait juste à ce moment-là. On peut s'interroger sur la capacité collective des hommes à produire des actes aussi monstrueux - qui perdurent malgré toute la connaissance accumulée sur ces évènements et en dépit de toute élévation du niveau culturel, moral ou technologique. On peut aussi se placer sur le plan strictement individuel : comment une personne a priori sensée, éduquée - même de façon imparfaite - peut-elle se rendre capable de crimes aussi odieux et massifs qu'ils donnent la nausée à leur seule évocation ? Comment cette même personne peut-elle ensuite survivre, se regarder dans une glace, être en paix avec elle-même, penser qu'elle a eu de bonnes raisons d'agir ainsi ?

 

* * *

 

J'imagine cet homme dont les yeux ont brûlé de contempler les pires horreurs, cet homme dont les mains sont rongées par le sang des victimes innocentes, dont les oreilles ont été percées par les cris de rage et de douleur. Son âme s'est-elle enfuie dans les recoins obscurs de ses tripes ? Il existe donc encore, traînant sa carcasse morbide à la face du monde, ce bourreau sans cœur, vide, repu de crimes... l'immonde ?

Et celui-là, intelligent, respectable, le rejoint dans la fange de l'inhumain, l'excuse et le pardonne sans remord ni regret. Que faut-il pour lui ouvrir les yeux ? Des cadavres, des preuves, des témoins... pas assez sûrement. Nier est si simple. Nier pour absoudre, nier pour autoriser, nier pour rendre encore possibles les carnages de demain !

Je les vois l'un comme l'autre debout mais à demi morts, calcinés en leurs intérieurs putrides par les flammes de l'enfer qu'ils déchaînent sur les autres. Debout pour nous rappeler ce que nous valons car nous n'avons pu empêcher le pire. Ils se dressent face à nous de toute la hauteur des statues érigées par les mains innombrables de notre société de l'information. Car nous savions, nous savons et nous saurons. En une heure, un jour, un mois, guère plus, nous saurons les crimes. Les hurlements des innocents nous rejoindront dans le grand concert, le babil infernal du monde qui continue de tourner. Nouvelle dépêche, nouveau massacre. Indignation. Oubli. Négation...

Eux sont là, se repaissent de nos faiblesses. Se trouvent des raisons, atténuent les actes, nient l'évidence. Poursuivis, contrés, combattus, ils sont rarement ébranlés. Leurs thèses nauséabondes s'insinuent dans les moindres failles de nos sociétés, dans la moindre brèche dans l'intelligence des hommes. Jusqu'à la prochaine fois, ailleurs.

Un jour, dans le froid silence des charniers oubliés, se lèvera l'armée des ombres. Ombres des victimes disparues par millions. Loin des débats et des chiffres stériles, elles se dresseront pour leur dernier combat. Avançant lentement dans les méandres voilés des consciences, flottant aux vents de la révolte ultime, elles rejoindront peu à peu les repaires des bourreaux et des chantres de leurs œuvres néfastes. Les verront-ils arriver, ceux qui ont annihilé leurs existences par les actes ou par le verbe ? Sentiront-ils se poser sur eux le regard de ces damnés ? Quand enfin ils sentiront se refermer sur leur cœur les mains glacées des ombres de la mort, comprendront-ils leurs fautes ? Ils trouveront dans la multitude assemblée face à eux les millions de raisons de désespérer. Ils sentiront dans leur chair et dans leur âme les tourments infinis qu'ils ont infligés. Devant les ombres mutilées, défigurées, calcinées, ils prendront conscience de la noirceur de leurs actes. Ils sauront. Enfin.

Gaza : miroir de l'inhumanité ?

L'offensive israëlienne à Gaza s'intensifie, les efforts diplomatiques de la communauté internationale n'y changent pas grand chose, et des tirs de roquettes depuis le sud Liban font même craindre l'ouverture d'un second front dans cette guerre... Une fois de plus dans cette région, les armes parlent. Mais peut-il en être autrement ? Pourquoi continue-t-on de se bercer d'illusions en pensant qu'un "processus de paix" qu'une "feuille de route" que des "résolutions de l'ONU" ou tout autre hochet que nous brandirions pourrait un jour éteindre cet incendie permanent qui ne s'arrêtera probablement que par manque de combustible - et en l'espèce ce sont les hommes et les femmes de Palestine et d'Israel qui servent de fuel !

Sans jugement aucun sur le bien-fondé des actes des différents protagonistes de cette sombre tragédie, il semble que le monde en soit réduit à jouer les spectateurs d'un drame annoncé. Comme l'écrivait déjà Benjamin Schwartz sur le site de The Atlantic en mai 2005, "il y a peu d'endroits dans le monde où les conditions exigeraient que deux peuples développent une relation symbiotique, et il n'y a pas d'autre endroit où les chances de construire une telle relation paraissent aussi éloignées". Désespérant, désespéré... Certes. Mais la démographie et la géographie plaident pour le pessimisme : même si Israël se repliait dans ses frontières les plus étroites pour éviter d'être subjugué par la masse des palestiniens, peu à peu la population arabe israëlienne prendra le dessus en nombre. Deux peuples, une terre ! Quel exemple avons-nous dans l'histoire où cela a marché ?

Comment espérer alors, et pourquoi espérer ? Dans vingt ans combien de plans de paix et d'accords auront-ils été signés et rompus ? Mais on y croit toujours un peu. Selon ses penchants on plaint les palestiniens opprimés et privés de terre, ou les israëliens victimes de la barbarie terroriste... Et on veut croire que la raison peut l'emporter. On a bien vu que parfois çà marche : après s'être copieusement massacrés au cours de deux guerres mondiales - et pendant les quelques siècles qui ont précédé, mais avec seulement un peu moins d'efficacité - les peuples européens ont réussi à fonder les bases d'une Union et à vivre en paix. Des colonies ont gagné leur indépendance sans déclencher de guerre de libération. Oui certes. Mais où a-t-on vu que deux peuples que tout oppose et dont les religions - l'âme, l'esprit, les bases de la civilisation quoi qu'on en dise - sont utilisées de façon aussi antagonistes, que deux peuples qui ont accumulé un siècle de rancoeurs et de haines parviennent à vivre ensemble ?

Faudra-t-il un holocauste de plus pour qu'enfin la raison l'emporte ? On ne peut que le craindre. Et quand on parle d'holocauste, on ne peut savoir qui en sera la victime... dans une région ou les armes nucléaires essayent de se disséminer, la liste des perdants peut être longue ! Peut-être est-ce pour cela qu'on veut croire à une solution pacifique : parce que finalement nous avons tous à perdre dans cette histoire. Et d'abord parce que l'humanité a beaucoup à y perdre : n'aurions-nous lentement évolué et progressé que pour sombrer dans une barbarie encore plus écoeurante ? Oui on a intérêt à croire que tout peut s'arranger !

Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite.