Gaza : miroir de l'inhumanité ?

L'offensive israëlienne à Gaza s'intensifie, les efforts diplomatiques de la communauté internationale n'y changent pas grand chose, et des tirs de roquettes depuis le sud Liban font même craindre l'ouverture d'un second front dans cette guerre... Une fois de plus dans cette région, les armes parlent. Mais peut-il en être autrement ? Pourquoi continue-t-on de se bercer d'illusions en pensant qu'un "processus de paix" qu'une "feuille de route" que des "résolutions de l'ONU" ou tout autre hochet que nous brandirions pourrait un jour éteindre cet incendie permanent qui ne s'arrêtera probablement que par manque de combustible - et en l'espèce ce sont les hommes et les femmes de Palestine et d'Israel qui servent de fuel !

Sans jugement aucun sur le bien-fondé des actes des différents protagonistes de cette sombre tragédie, il semble que le monde en soit réduit à jouer les spectateurs d'un drame annoncé. Comme l'écrivait déjà Benjamin Schwartz sur le site de The Atlantic en mai 2005, "il y a peu d'endroits dans le monde où les conditions exigeraient que deux peuples développent une relation symbiotique, et il n'y a pas d'autre endroit où les chances de construire une telle relation paraissent aussi éloignées". Désespérant, désespéré... Certes. Mais la démographie et la géographie plaident pour le pessimisme : même si Israël se repliait dans ses frontières les plus étroites pour éviter d'être subjugué par la masse des palestiniens, peu à peu la population arabe israëlienne prendra le dessus en nombre. Deux peuples, une terre ! Quel exemple avons-nous dans l'histoire où cela a marché ?

Comment espérer alors, et pourquoi espérer ? Dans vingt ans combien de plans de paix et d'accords auront-ils été signés et rompus ? Mais on y croit toujours un peu. Selon ses penchants on plaint les palestiniens opprimés et privés de terre, ou les israëliens victimes de la barbarie terroriste... Et on veut croire que la raison peut l'emporter. On a bien vu que parfois çà marche : après s'être copieusement massacrés au cours de deux guerres mondiales - et pendant les quelques siècles qui ont précédé, mais avec seulement un peu moins d'efficacité - les peuples européens ont réussi à fonder les bases d'une Union et à vivre en paix. Des colonies ont gagné leur indépendance sans déclencher de guerre de libération. Oui certes. Mais où a-t-on vu que deux peuples que tout oppose et dont les religions - l'âme, l'esprit, les bases de la civilisation quoi qu'on en dise - sont utilisées de façon aussi antagonistes, que deux peuples qui ont accumulé un siècle de rancoeurs et de haines parviennent à vivre ensemble ?

Faudra-t-il un holocauste de plus pour qu'enfin la raison l'emporte ? On ne peut que le craindre. Et quand on parle d'holocauste, on ne peut savoir qui en sera la victime... dans une région ou les armes nucléaires essayent de se disséminer, la liste des perdants peut être longue ! Peut-être est-ce pour cela qu'on veut croire à une solution pacifique : parce que finalement nous avons tous à perdre dans cette histoire. Et d'abord parce que l'humanité a beaucoup à y perdre : n'aurions-nous lentement évolué et progressé que pour sombrer dans une barbarie encore plus écoeurante ? Oui on a intérêt à croire que tout peut s'arranger !

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