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Bad Bank : pourquoi pas vous ?

A l’heure où la déconfiture de Dexia remet sous les projecteurs de l’actualité les « structures de défaisance » ou « Bad Bank », les citoyens lambda que nous sommes pourraient peut-être se poser légitimement la question : pourquoi pas nous ?

En effet, le principe est séduisant. Pendant des années, les banques commettent des imprudences – avec votre argent – en plaçant des sommes considérables dans des produits alambiqués (dettes immobilières titrisées, junk bonds, etc.). Quand le marché est porteur, elles s’enrichissent et distribuent des dividendes confortables, tout le monde est heureux. D’autant plus qu’elles prêtent de l’argent – ce qui fait vivre l’économie réelle. Viennent alors les jours de mauvais temps : le marché se retourne, l’immobilier s’effondre, la guerre dans tel coin perdu de la planète déclenche des évènements en chaîne, bref tout va mal. Les fameux produits miraculeux qui ont permis aux banques de faire des profits outranciers sont tout à coup moins intéressants et les moins solides d’entre elles approchent de l’asphyxie !

C’est alors qu’arrive la solution miracle : même quand ils ont perdu, ils gagnent ! Un état bienveillant – et un peu obligé de sauver les meubles – injecte de l’argent, recapitalise, nationalise… bref récupère ce qu’il peut. Mais pas les mauvais morceaux, les vilaines dettes pas belles, les actifs pourris, qu’on va mettre dans la bad bank.

Et nous alors ? Transposons le concept. On est tous endettés – et dans des proportions bien plus importantes que nos chers états ! Faites le calcul : la France flirte avec les 80% de son PIB, mais si vous êtes propriétaire et endetté sur 20 ans, votre dette explose les 150% de votre PIB annuel ! Pire que l’Italie. Pourtant votre banque va bien vous trouver des fonds pour votre prochain achat… Et si votre conjoncture économique se retourne, par exemple si vos revenus baissent fortement, pourquoi une bad bank ne reprendrait-elle pas vos dettes ? Bon c’est un peu le principe de la faillite personnelle. Pas si drôle. Alors allons plus loin ! La finance mondiale, c’est un peu comme la loterie… Alors faisons comme nos banquiers. On joue au loto. Si on gagne on prend la mise, et si on perd, on fait reprendre nos bulletins perdants par une structure de défaisance ? Je ne suis pas sûr qu’on nous accorde la même importance qu’un Crédit Lyonnais ou une Dexia…

Si vous voulez en savoir plus – et surtout avoir des infos sérieuses – la presse regorge d’articles sur le sujet…

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