Grippe A H1/N1... Qu'est-ce qu'on entend sur ce malheureux virus qui ne demandait qu'à faire son petit bonhomme de chemin comme ses copines ! Panique mondiale, risques de mutations, décès en cascade... les médias ont tellement fait monter la mayonnaise que plus personne ne veut l'attraper. En même temps, on l'a affublé du surnom de grippe porcine. Pas très classe ! Déjà la grippe aviaire manquait un peu de noblesse mais là on touche le fond, on sent le virus de basse cour, la maladie qui a traîné dans la boue et la fange. Un truc pas très net quoi. En plus de çà, tout le monde s'est mis à flipper : elle est super contagieuse, elle se répand très vite, elle touche les jeunes, il y a plein de morts - tout juste si le Mexique n'allait pas être rayé de la carte ! Avant l'été, l'hystérie collective est un peu retombée, tout le monde n'allait pas mourir, mais quand même, on stockait des masques et des antiviraux, on achetait des tombereaux de vaccins... Même dans les entreprises, il fallait prévoir comment on allait assurer les activités vitales quand le personnel serait sur le flanc. L'été est passé, on a arrêté de se faire peur, puis à la rentrée, retour de l'hystérie web-médiatique : cette fois c'était le vaccin qui allait nous tuer ! Bon. On ne sait plus à quel saint se vouer avant d'être une espèce en voie d'extinction... Etape suivante : la mise en place d'un système de vaccination à grande échelle - avec des prioritaires, des moins prioritaires, des files d'attente, etc - le tout avec des relents brejnéviens de gymnases reconvertis, de personnel réquisitionné, des files d'attentes (je l'ai déjà dit ?) ou des pas d'attentes du tout parce que les gens avaient peur de se faire vacciner...
Avec toute cette agitation, on perd de vue un petit détail anodin. On est en décembre et moins de trois millions de personnes ont été vaccinées en France. Soit moins de 5% de la population. Imaginons un instant que notre sympathique virus H1/N1 soit en fait un gros méchant. On l'aurait baptisé Grippe Z ou grippe de la mort ou grippe apocalyptique, un truc sérieux. Avec un taux de mortalité bien haut. Est-ce que notre beau pays serait alors réellement capable de prendre des mesures de prévention efficaces - dans la même ambiance de scepticisme et de dérision que ce qu'on a connu cette année - ou d'organiser une campagne de vaccination qui ne se prolonge pas pendant deux ans pour traiter toute la population ? Soyons optimistes : devant un nombre élevé de cas mortels, notre vieil esprit contestataire et méfiant aurait gentiment laissé la place à un civisme et une prudence de bon aloi ; et les moyens déployés auraient été à la hauteur de l'enjeu... et le personnel médical n'aurait pas rechigné à se faire vacciner... Est-ce que finalement toute cette histoire n'est pas qu'une vaste répétition ? On se fait la main sur une grippounette pas trop méchante, histoire de voir ce qu'on est capables de faire, histoire d'être un peu plus préparés pour plus tard. A l'heure des bilans, on comptera les « morts » théoriques et on s'améliorera. N'est-ce pas ?
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