Nouvelle de science fiction, anticipation : Aube grise

Aube grise

 

L'aube grise venait lentement. Elle en avait pris l'habitude au fil des jours. C'était d'abord un mince filet de lumière à l'horizon. Cet horizon si proche. Pourquoi aurait-il dû être plus loin après tout ? Tout était si bizarre depuis qu'elle était arrivée sur la Plaine. Depuis quand ?

 L'aube grise venait lentement. Après le cercle parfait de lumière blafarde qui peignait les limites de son champ de vision - ce qu'elle avait décidé par commodité d'appeler l'horizon - le noir total du ciel semblait se dissoudre dans des tonalités grisâtres. Quelques secondes plus tard le soleil faisait son apparition à l'est. Cela lui paraissait normal. Pourquoi ce point, là-bas était-il à l'est ? Elle le savait, c'est tout.

 Le Colonel Graft se réveilla avant l'aube. Dans le silence de sa chambre d'hôtel, elle perçut la respiration de son mari à ses côtés. L'esprit encore plein de sommeil elle roula lentement vers lui et se serra contre son corps. Elle avait besoin de sentir sa chaleur. Il grogna. Le Colonel sourit en repensant à toutes ces nuits où elle s'était approchée de lui pendant son sommeil, toutes ces heures où elle avait attendu, n'osant le réveiller. Elle avait toujours eu le sommeil plus léger que Joe mais elle ne pouvait que rarement se résoudre à se lever avant lui : elle voulait savourer sa nuit, profiter des instants merveilleux de son réveil, quant il la prenait enfin dans ses bras. Ils faisaient l'amour, parfois, mais ce n'était pas l'essentiel. Il lui suffisait qu'il la regarde avec ces yeux débordant d'amour et de tendresse et elle savait qu'elle pouvait sortir et affronter le monde. Ce matin-là n'était pas comme les autres et pourtant elle voulait faire comme d'habitude. Elle partirait en mission tout à l'heure et Dieu seul savait comment cela tournerait cette fois ; autant qu'elle profite au maximum de cette matinée !

 Elle savait beaucoup de choses en fait. Elle avait accès à sa mémoire. Elle avait été intransigeante sur ce point. « Je veux avoir accès à ma mémoire, Nom de Dieu ! » Oui, çà avait bardé cette fois-là. Elle avait dit « Nom de Dieu ! » - avec un N majuscule. Alors ils avaient dit oui.

 Le soleil se levait à l'est et parcourait le ciel d'un bleu limpide en sept minutes et huit dixièmes de secondes. C'était toujours aussi précis, rien à faire. Elle le regardait passer, pâle et froid dans tout ce bleu. Elle aimait bien qu'il fasse toujours soleil. Sa mémoire lui disait qu'elle n'aimait pas beaucoup la pluie. « Çà mouille,  c'est froid et çà fait de la gadoue dans le jardin ! » Voilà ce qu'elle lui disait. Et çà ne lui plaisait pas.

 Le soleil se levait à l'est. Elle était là au milieu d'une plaine dont l'herbe verte ne poussait pas. Elle était assise. Elle devait attendre. Ils ne venaient que la nuit. Alors pendant la journée elle se reposait en regardant passer le soleil. Sept minutes et huit dixièmes de secondes de calme absolu. C'était son moment préféré, car elle pouvait se concentrer sur sa mémoire. Elle aimait bien aussi sentir sa peau se craqueler doucement sous le soleil. Elle filait alors au cœur de ses souvenirs et trouvait des océans, des lacs, des piscines et ce petit ruisseau où elle pataugeait quand elle était petite.

 Elle dut s'endormir - cela lui arrivait rarement - car ce fut l'alarme de son implant qui la réveilla. Joe avait dû régler la sienne à la même heure : il la regardait dans la faible lumière de l'aube qui cherchait à envahir la pièce, franchissant les épais rideaux. Elle lui sourit et se pencha pour l'embrasser. Il l'attira doucement à lui et la serra dans ses bras. Elle savait qu'il avait peur. Comment le rassurer ? Pas moyen, à première vue... Juste le serrer tendrement et lui dire qu'elle l'aimait. Il comprit qu'il ne fallait pas espérer mieux côté réconfort et s'en contenta. Le Colonel Payton Graft serra les dents pour ne pas craquer. Pas maintenant, pas avec Joe tout contre elle... pas pour ses dernières minutes en sa compagnie. On lui avait accordé une véritable faveur en la laissant passer une nuit en dehors de la base, à l'hôtel, avec son mari. Elle se doutait bien qu'elle était plus surveillée que le Président des Etats-Unis mais cela lui importait peu : elle avait au moins gagné cette nuit, ces minutes, la douceur de la peau de son homme, son odeur... Cela valait toutes les primes de risque qu'on lui promettait en cas de réussite ! Quelques instants encore et elle se lèverait. Encore quelques secondes. Elle s'arracha à contrecoeur de l'étreinte de son mari et fila sans se retourner prendre une douche. Tout en se préparant elle fit le vide : oublier Joe, oublier sa vie, se concentrer sur la mission à venir... Et ne pas craquer.

 La nuit viendrait bien assez vite ! Vingt trois heures, cinquante deux minutes et deux dixièmes de secondes de nuit. Tout le temps. C'était pour cela qu'elle attendait : Ils ne venaient que la nuit. Elle était belle cette nuit-là. Aucun nuage, l'air d'une pureté irréelle. On pouvait presque voir les galaxies les plus lointaines à l'œil nu. Sa mémoire lui soufflait toujours, avant qu'Ils n'arrivent, qu'elle avait vu des nuits plus belles encore dans l'espace. Quelle étrange idée pouvait bien flotter dans son esprit ! Qu'aurait-elle fait dans l'espace ? Bizarre.

 Au début de la nuit, il ne se passait rien autour d'elle. Tout se passait dans son cerveau. Au bout de quelques minutes, elle n'avait plus accès à sa mémoire. Des routines très précises démarraient alors, la transformant peu à peu : elle était une arme ! Pas de mémoire. Pas de sentiments. Il faut juste accomplir sa mission quand on est une arme efficace.

 Lorsqu'elle sortit de la chambre à 7h00, son escorte l'attendait. Cinq malabars pour elle toute seule, quel honneur. Le gouvernement voulait protéger son investissement, normal ! Tant d'années d'études, d'entraînement, d'expérience chèrement acquise au fil des missions précédentes, il ne fallait pas gâcher çà. Comme à son habitude elle marcha d'un pas décidé dans les couloirs de l'hôtel, encadrée par les hommes des Services Spéciaux. À chaque palier, un nouveau gorille tout de noir vêtu les regardait passer. Payton imaginait le central de la sécurité bruissant des leurs échanges, ponctués de « RAS, la voie est libre » et elle ne pouvait s'empêcher de sourire. Elle ne risquait pas grand-chose dans cet hôtel intégralement vidé de ses occupants ! Une fois dans la voiture, elle connecta son implant sur les chaînes d'information en continu dans l'espoir de se changer les idées. Les nouvelles du monde ne lui apportèrent pas grand réconfort mais elle put oublier pour un temps ses appréhensions. Les images et les sons envahissaient son esprit, coulant comme une source rassurante sur les galets de sa mémoire. M.U.M. déversait dans des milliards de conscience ses téraoctets de données et Payton, comme tant d'autres au même instant, s'abandonna à la puissance du réseau intégré. Elle ferma les yeux sur le décor désertique qui défilait, loin du désert rouge et des blocs de pierre grisâtres, loin des voiles de poussière qui barraient l'horizon... Perdue dans sa bulle virtuelle, elle était hors du temps... Une heure plus tard elle entrait sur la base 51 en plein désert du Nevada.

 Au début il lui semblait que son esprit se dilatait, que sa perception s'élargissait. Chaque fois c'était pareil : les étoiles se noyaient dans un épais brouillard et tout ce qui l'entourait était disséqué, analysé, particule après particule. L'univers entier se concentrait dans son cerveau et c'était alors le moment magique où elle était Tout. Longtemps auparavant, quelques jours à peine après qu'elle soit arrivée sur cette plaine - elle était bien en peine de dire comment elle était arrivée là, et quand - lorsqu'elle avait ressenti pour la première fois ce qu'elle appelait le Passage, elle avait eu peur. Elle venait de découvrir cette nuit étrange et voilà qu'elle était capable de ressentir la moindre parcelle de matière où qu'elle se trouve dans l'univers ! Ce fut une sensation incroyable. Elle n'avait aucun point de repère dans l'espace, ni dans le temps, ni dans ses expériences, et cette première nuit avait été terrible... Comment avait-elle échappé à la folie ? Elle l'ignorait encore...

 Elle eut alors l'étrange impression de rentrer à la maison. Normal ! Elle avait passé une grande partie de sa vie d'adulte dans des bases comme celle-ci : leur côté protecteur, ordonné, puissant, se retrouvait partout, sous le soleil de Floride comme sous les glaces du grand Nord. Là, au milieu de nulle part, elle se retrouva chez elle et ses doutes s'estompèrent. Lorsque la voiture la déposa devant le Quartier Général elle était redevenue le Colonel Graft, laissant Payton s'enfoncer peu à peu dans l'oubli de ces choses futiles qu'on laisse derrière soi. Toujours suivie de son escorte personnelle, elle gagna la grande salle de briefing où elle était attendue par l'ensemble du staff de la base. Lorsqu'elle fit son entrée dans l'immense pièce, elle jubila en sentant tous ces regards empressés se poser sur elle. En cet instant précis, elle sut qu'elle était la pièce maîtresse du projet ! Elle avait travaillé dur tout sa vie pour être retenue sur les meilleures missions : pilote d'essai dans l'Air Force, commandant sur une dizaine de vols spatiaux dont un voyage sur la Lune : à quarante-sept ans, elle était une légende. Pendant tout le temps du briefing, elle parvint à faire abstraction des échanges entre les chercheurs et les techniciens pour se concentrer sur ce qui l'attendait.

 Cette nuit-là sera spéciale. Elle le sent dès que les étoiles sortent. C'est comme une vibration dans son plexus. Tandis que la chaleur fugace de la journée se dissipe par tous les pores calcinés de sa peau, dans cet instant magique du Passage, elle sait qu'elle va enfin aboutir au terme de sa mission. Dans l'obscurité brouillée de sa conscience, elle commence à percevoir l'approche furtive et malsaine de premiers phalènes qui bruissent au-delà de son champ de vision. Ils déchirent le calme grandiose du ballet des galaxies de leurs ailes si lourdes de menaces. Elle oublie totalement son corps posé au cœur de ce rond de verdure irréelle et se concentre sur les armes de son esprit. Lui seul peut vaincre ces immondes carcasses organiques vides de toute conscience. Nuit après nuit Ils sont venus. Peu nombreux d'abord puis par myriades agglutinées. Elle Les a toujours repoussés, qu'ils soient deux ou bien des millions.

 Lorsque arrive enfin l'obscurité la plus totale, elle déploie toute sa puissance et jaillit au-delà de l'horizon. Chacune des gerbes d'énergie qu'elle projette hors du cercle qui contient son enveloppe charnelle foudroie sans pitié ces scories blanchâtres qui ourdissent sa perte. Elle est contenue tout entière dans la moindre particule d'énergie qui s'arrache à son esprit pour foncer au-delà du temps et de l'espace vers son œuvre meurtrière. Et pourtant ses attaques parcourent toutes les directions simultanément, glissant sauvagement entre les dimensions de sa perception augmentée.

 Finies les réunions sans fin. Finis l'entraînement physique et le conditionnement neuropsychique. Le temps de l'action était venu ! Le compte à rebours allait pouvoir commencer. Comme à chacune de ses missions précédentes, Payton avait demandé à pouvoir s'isoler quelques instants pour se concentrer. Une forme de rituel... D'abord elle avait pris une douche. Sentir l'eau très chaude s'écouler sur son corps lui rappelait combien elle était vivante, chaque picotement au point d'impact des gouttes était un délice. Elle se tenait maintenant entièrement nue face au miroir et contemplait son corps. Elle était fière de ce corps à la peau sombre qui approchait de ses cinquante ans mais n'avait pas changé - ou si peu - depuis les vingt-cinq dernières années : mince, élancée, Payton avait été gâtée par la nature. Aussi avait-elle toujours pris soin de son héritage. Beaucoup de sport, peu d'excès et une alimentation calibrée au gramme près lui avaient permis de conserver intact son physique d'athlète. Quand elle fut parfaitement sèche, elle enfila un jogging tout simple et lissa longuement ses cheveux d'un noir d'encre. Elle fit un clin d'œil au miroir, petit signe de connivence avec sa plus fidèle coéquipière dans ce métier : elle-même ! Non qu'elle fût incapable de travailler en équipe mais l'expérience lui avait démontré qu'il fallait avant tout avoir confiance en soi avant de s'appuyer sur les autres.

 Les corps obscènes des insectes nocturnes crissent d'horreur et de rage sous les torrents d'énergie qu'elle projette. Dans cette nuit interminable elle se repaît de leurs soubresauts, jouit de leur perte, quand la matière infecte qui les compose se dissout dans de grands éclairs blafards. Elle sent sa victoire enfin proche quand les rangs ennemis sont si clairsemés que l'éclat agonisant des mises à mort s'espace, se disperse sur des milliers d'années-lumière. Un point. Un autre. Rien. Elle tend son esprit vers le vide qui semble enfin l'entourer, elle n'ose croire à la fin de sa mission.

 Cette idée, dans les tréfonds de son âme, éveille des souvenirs enfouis. Toute à son combat elle rejetait les appels de sa mémoire ; apaisée par le carnage elle entend enfin la voix de sa conscience. Elle rappelle des plus lointains univers les langues de feu qu'elle a projetées, elle revient peu à peu dans le cercle familier de son corps. Elle veut écouter cette rumeur, ce murmure étrange qui monte en elle. Silence ! La nuit se fait plus claire. Les étoiles scintillent, faiblement d'abord, puis avec la netteté des diamants.

 Dès sa sortie du vestiaire, elle retrouva non seulement son escorte mais aussi l'équipe médicale qui allait la prendre en charge. Quelques instants plus tard elle était installée dans le bloc, allongée sur la table d'opération et sanglée... Pour sa propre sécurité, lui avait-on dit. Cette phase de la mission était la plus déroutante à ses yeux car elle s'était toujours trouvée consciente et en pleine possession de ses moyens lors de ses précédentes expériences. Les médecins s'affairaient à la limite de son champ de vision. L'un des scientifiques, qu'elle reconnut comme étant le Dr Adams malgré son masque chirurgical, s'approcha et lui prit la main, la serrant chaleureusement dans sa grosse poigne de bûcheron. Payton lui sourit : le cogniticien travaillait avec elle tous les jours depuis deux ans et ils s'estimaient beaucoup tous les deux. Des vrais pros : de ceux qui réussissent les missions ! Mais ils étaient aussi devenus des amis. Adams avait passé le dernier Noël chez les Graft - après la mort accidentelle de sa femme, la famille de Payton l'avait vraiment aidé à tenir le coup. Il la regarda quelques secondes en silence, comme pour avoir son approbation. Elle cligna doucement des yeux pour lui confirmer ce qu'il savait déjà : elle était prête et elle irait jusqu'au bout.

 Payton est assise au centre du cercle, sur la prairie où l'herbe ne pousse jamais. Elle a prononcé son propre nom pour la première fois depuis si longtemps. Elle respire lentement. L'air est lourd des orages qu'elle a lancés autour d'elle. Son corps immobile est une vaste douleur. Sa peau consumée se fissure comme celle des déserts. À la place des yeux sont deux cratères fumants. Que lui importe ? Elle est une arme. Elle a fait son office.

 L'aube grise approche. Sa mémoire, toute proche, lui hurle son message. Inaudible encore... Trop tard. Pourquoi trop tard ? Dans le cercle blême qui annonce la venue du jour, Payton laisse enfin revenir à elle les souvenirs qui bruissent à la lisière de sa conscience. Et dans le premier rayon du soleil qui vient toucher ce qui reste d'elle, elle sent la folie qui l'étreint doucement.

 Tandis que les produits anesthésiants se déversaient lentement dans son corps immobile, Payton passa une dernière fois en revue ses objectifs : pour la première fois dans l'histoire, on allait implanter un esprit - son esprit - dans une machine. L'un des réseaux d'ordinateurs les plus puissants du monde. Il faisait partie du réseau intégré du Mankind Universal Management... Pendant que le corps du Colonel Graft serait maintenu artificiellement en vie, sa conscience serait téléchargée dans l'ordinateur. Son rôle pour cette première tentative se limitait à prendre le contrôle des systèmes et à exécuter une batterie de tests préprogrammés. Une routine automatique la ramènerait dans son corps au bout de sept minutes et huit dixièmes de secondes. Le but ultime de cette expérience était de s'assurer de la possibilité du transfert, de l'intégrité mentale de l'individu « numérisé », de sa capacité à se protéger contre des agressions, et surtout de la faisabilité du retour ! Les enjeux étaient phénoménaux : un esprit humain doté des capacités de traitement d'un ordinateur pourrait effectuer en des temps records des calculs fastidieux, contrôler des systèmes complexes, mais on espérait aussi beaucoup de ce procédé pour les voyages spatiaux. Sans parler d'autres applications plus mercantiles : la possibilité de « sauvegarder » un esprit et, qui sait, de le réimplanter un jour dans un nouveau corps, faisait saliver une cohorte de sociétés informatiques !

 Tandis que l'anesthésie faisait peu à peu son effet, les sens de Payton se brouillaient. Derrière ses paupières mi-closes elle aperçut les parois immaculées du bloc opératoire, le plafond où dansaient les lumières vives. Son regard fut soudain attiré par une petite tâche un peu plus sombre... Dans un effort pour arracher quelques secondes de lucidité aux produits chimiques, elle distingua vaguement un insecte... un papillon de nuit. Elle détestait les papillons de nuit ! Heureusement, l'inconscience l'emporta loin de ce phalène qui semblait la scruter avec malveillance du haut de son perchoir, et l'expérience put commencer.

 Le soleil apparaît enfin... Il lève brutalement le voile sur le corps à demi calciné de ce qui fut Payton. Sa conscience s'est lentement dispersée dans les réseaux informatiques, prenant le contrôle absolu de tous les systèmes à sa portée. Elle a accompli la mission : protéger l'intégrité de son esprit contre toutes les menaces potentielles ! Sa mémoire personnelle aurait pu lui dire que les informations contenues dans l'ordinateur qui accueillait sa conscience s'étaient partiellement mélangées aux paramètres des tests, que le vieil artefact avait mis sa puissance monstrueuse au service des fantasmes de l'esprit de Payton. Trop tard. Elle n'avait pas accès à sa mémoire pendant les tests.

 Plus de phalènes dans le ciel de plomb. Plus de rivières ou tremper ses pieds dans la fournaise d'un après-midi d'été. Plus d'homme pour prendre sa femme dans ses bras. Pour un esprit désorienté par une expérience aussi traumatisante que la perte de son corps, l'existence de la moindre conscience autonome peut passer pour une menace. Comment reconnaître une forme de vie si différente, quand on est soi-même transformé au-delà de ce que l'on croirait possible ? Quand on dispose des connexions directes du réseau global sur les esprits humains, quoi de plus simple que de les anéantir.

 Un cerveau humain est d'une telle complexité qu'il peut présenter un nombre d'états infiniment supérieur à l'ensemble des particules élémentaires contenues dans l'univers tout entier... Combiné à la rapidité de traitement de l'information d'un ordinateur, il ne peut que dépasser les attentes les plus folles des scientifiques.

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Découvrez aussi le roman d'anticipation "Par-delà les brumes rouges".

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